#1*Ils sont et resteront toujours les Premiers ..

#1*Ils sont et resteront toujours les Premiers ..




________________________Prologue.


____ Elle est là. Si seulement je pouvais trouver les mots pour lui dire tout ce que j'ai envie qu'elle sache. Mais je n'arrive pas. C'est plus fort que moi, aucun mot ne sort de ma bouche. Encore une fois. Quel con. J'ai envie de lui hurler à quel point je tiens à elle, mais les phrases restent coincés dans ma gorge, ne passent pas mes lèvres. Je me sens idiot, ridicule. Elle ne bouge pas. Je préférerais qu'elle dise quelque chose, mais elle me laisse me débrouiller. Seul. Imbécile. Elle ne mérite pas tout ce que je lui ai fait subir, elle ne mérite pas que j'hésite encore devant elle. Elle mérite tellement mieux, tellement plus que je ne saurais jamais lui apporter ... Pourtant elle est restée. Malgré tout. Et moi, je n'arrive même pas à lui dire ce que j'ai sur le coeur. Je suis un con, vraiment.




Je ne sais pas où je vais.
Si je fonce droit dans le mur ou non.
L'avenir parlera.
#




La suite à 10 commentaires sur CHAQUE article =). Mmh sadique hein ? :p

# Posté le mardi 18 mars 2008 14:08

Modifié le mercredi 25 juin 2008 11:20

#2Keiner da der dich versteht ..

#2Keiner da der dich versteht ..







____ Les lumières viennent tout juste de s'éteindre. Les hurlements des fans en délire nous glacent le sang. Nos coeurs battent à tout rompre. J'ai le regard figé sur le sol de la scène devant moi. Je jette un coup d'oeil à ma gauche. A quelques mètres de moi, Georg balise aussi. Il a le regard perdu dans le vide. Gustav vient de prendre place derrière sa batterie. Mon frère n'est pas encore là, mais je suis sûr qu'il stresse au moins autant que moi en cet instant. C'est à moi de commencer. Les techniciens envoient la fumée. Georg et moi on s'avance sous les hurlements stridents du public. Je peux commencer à jouer. "Jung und nicht mehr jugenfrei". La première chanson, pour toute la tournée. Aujourd'hui on est le 14 février. On joue à Francfort, c'est le cinquième concert de la tournée 2006. Des lumières balayent la scène, dévoilant parfois nos ombres, à Georg et moi. Bill commence à chanter, au pied de la scène, à l'abri des regards. Un peu avant le début du premier refrain, il arrive sur scène en courant. Les cris des fans se renforcent. Le concert peut commencer.


____ Un de plus. Le concert est fini, on est retournés dans les loges. C'était bien, ce soir. Pas parfait, loin de là, mais je me suis bien amusé. Je termine ma canette de coca et les gardes du corps nous proposent de rentrer à l'hôtel. On les suit docilement, mon frère marchant devant moi. Il ralentit pour que je me place à côté de lui.

____________ - On fait quoi ce soir ?
____________ - On reste à l'hôtel. Nan ?


____ Il hoche la tête. Je n'ai pas envie de sortir ce soir. Pour une fois. J'ai juste hâte de me coller devant la télé, après avoir pris une bonne douche. On arrive sur le parking. Des fans nous appellent, nous prennent en photo. On s'avance vers eux, un marqueur à la main. Il doit y avoir une vingtaine, une trentaine de fans peut-être. Des filles en majorité. Il y en a des jolies. Mais ce soir j'ai autre chose à faire. Ce soir, pas de fille dans la chambre. Croyez ce que vous voulez, ce n'est pas si exceptionnel que ça, je ne suis pas comme le disent tous les magazines. Je signe donc vingt-neuf autographes. Je les ai comptés. Les flash fusent, je ne dois pas arrêter de sourire. Derrière nous, les gardes du corps veillent à ce que les fans n'essayent pas de nous faire du mal. Bien que je doute que ce soit dans leurs projets. Lorsqu'on a tous fini de dédicacer posters, CD et magazines, on fait de grands signes aux fans et on entre dans le van noir aux vitres fumées, qui nous emmène directement à l'hôtel. Là encore, il y a une demi-douzaine de fans devant l'hôtel. Les dédicaces s'imposent. D'autres fans arrivent en courant. Je reconnaîs quelques têtes que j'ai vues pendant le concert. Je souris encore, essaye de poser pour les photos, puis on rentre. Après s'être souhaité bonne nuit, on quitte Gustav et Georg. Je partage ma chambre avec Bill. Nos lits sont séparés, Bill veut dormir côté fenêtre. Je le laisse s'installer, et j'en profite pour aller prendre ma douche. Histoire d'évacuer tout. Le stress surtout. J'essaye de me calmer. Je me fixe dans le miroir, repère l'un ou l'autre bouton qui mériteraient un peu d'attention de ma part, passe ma langue sur mes lèvres. J'enlève ma casquette, mon bandana et mes habits. En sortant de la douche, j'enfile juste un boxer et fonce me blottir sous les draps. J'allume la télé. Il est plus de minuit, je fais un rapide zapping des différentes chaînes. Ils passent la nouvelle saison de Friends sur Arte. Je suis deux épisodes, puis sens la fatigue prendre le dessus. Bill est revenu se coucher dans le lit à côté du mien. On parle encore un peu du concert, et des jours à venir. Puis Bill s'endort en premier.


____ On est le 14 février et je m'endors. Seul.





Muschuu.

# Posté le mardi 18 mars 2008 18:33

Modifié le vendredi 21 mars 2008 09:41

#3Sie ist Thema Nr. 1 ..

#3Sie ist Thema Nr. 1 ..







____ Les jours ont passé. La tournée touche à sa fin, mais de nouvelles dates sont déjà en négociations. Je n'ai plus vu mon meilleur ami depuis plus de deux mois, et mon chez-moi me manque. D'ailleurs, mon chez-moi n'est même plus vraiment chez moi. On a dû déménager, avec ma mère, mon beau-père et Bill. Des gens avaient trouvé notre adresse. Pas seulement des fans. Des gens mal intentionnés aussi. Nous voilà donc de retour à Magdeburg, dans un appartement du centre-ville. Je ne l'ai pas encore vu en vrai, je n'ai pas encore eu le temps d'y passer. Aujourd'hui on est à Vienne, pour l'avant-dernier concert de la tournée. On jouera encore demain, à Linz il me semble, puis on aura deux jours de repos. Avant de retourner écumer les plateaux télé, photoshooting et compagnie. Ca commence à me tanner, mais quand je pense au nombre de gens qui aimeraient être à ma place, je réalise que j'ai vraiment une chance énorme. Bill est dans la salle de bains de l'hôtel, depuis une bonne heure. Je lui demande ce qu'il fout. Rien. Ben tiens. J'ouvre la porte, il est en train d'expérimenter une nouvelle coiffure. Oui, parce que Bill a une nouvelle coupe depuis deux mois. Il a fait la une de tous les magazines. Comme s'il avait pas le droit de changer --'. Au début, ça m'avait un peu choqué aussi, il a les cheveux plus longs, style manga, ça lui donne un air encore plus féminin, mais j'ai fini par m'habituer et pour finir j'aime vraiment bien cette coupe. Evidemment, je ne lui ai pas dit. Et je ne lui dirai pas. Pour ne pas qu'il prenne la grosse tête, ce serait le comble. Quelqu'un toque à la porte. Ce doit être Saki. J'ouvre. C'est lui. Il nous demande si on est prêts. Je réponds que je n'attends plus que Bill. Il soupire et hurle à Bill de se dépêcher. Mon frère, énervé, sort de la salle de bains en jurant. Tagueule. On prend nos sacs à dos, et on suit notre garde du corps. Dans le couloir, Gustav et Georg nous attendent. A mon avis depuis plusieurs jours au moins. Je rejette la faute sur Bill (après tout c'est vrai, c'est toujours de sa faute de toute façon). On descend, des fans attendent devant l'hôtel. Les membres de notre sécurité hésitent à nous faire sortir. On dit que ça ne nous dérange pas. Mais il y a beaucoup de fans. Et on est en retard. Alors on passe par derrière. Tant pis, on reviendra ce soir.


____ On arrive à la salle à quinze heures, pile poil. Des milliers de fans sont déjà là. Je ne sais pas s'ils nous ont remarqués. On entre en coulisses. La salle est bien, les loges aussi. J'ai mal à la gorge, je dois tout le temps tousser. Je crois que j'ai de la fiêvre, bordel de merde. Je demande une aspirine. Aussitôt, tout le monde me demande si ça va, si j'ai trop froid, trop chaud, s'il faut ouvrir la fenêtre ou monter le chauffage, si je veux m'allonger, ... Je savais que j'aurais pas dû demander --'. Le docteur accourt, m'examine. Bill reste à côté de moi, bouche bée, sans dire un mot. Ca me fait rire. David Jost est arrivé aussi. C'est limite s'il ne me reproche pas de rire alors que je ne me sens pas bien. Je dis que c'est bon, ça va aller, mais je suis obligé de tousser et le médecin me dit que c'est mauvais signe. Bill s'approche et regarde par-dessus l'épaule du docteur.

____________ - Qu'est-ce qu'il a ?
____________ - J'opterais pour une bronchite. Je vais lui prendre la température.


____ Tout le monde se tait, attendant le verdict pendant que le médecin m'enfonce le thermomètre dans l'oreille. Je ne peux pas m'empêcher de rire et d'essayer - vainement - de détendre l'atmosphère :

____________ - C'est bon, j'vais pas y rester, faites pas cette tête !

____ Mais apparemment ils sont bien décidés à continuer de s'inquiéter pour moi. Le médecin retire le thermomètre. 40°C. Et merde. Bill commence à dramatiser, David s'active pour trouver une solution. Je leur dis que je suis capable de jouer, Gustav et Georg sont les seuls à me croire. Je me lève, Bill me prend par les épaules, me demande si ça va. Oui, merci de t'en être inquiété à l'hôtel. Il ne rigole pas, mais finit par accepter le fait qu'on puisse être malade et parfaitement capable de jouer sur scène pendant une heure et demie. Pour finir, c'est même lui qui convainct David de me laisser jouer. Ils me demandent toutefois de rester prudent. On peut enfin faire les balances et répéter. Les techniciens s'affairent autour de nous, ils ne s'inquiètent pas pour moi, eux au moins. Les répétitions se passent bien, je suis un peu mou mais je maîtrise (visez le professionnalisme). Je m'occupe des derniers réglages sur les différentes guitares que j'utiliserai pendant le show, je me méfie toujours un peu des techniciens. Ca semble bon, on est prêts je crois. Il nous reste trois heures avant de monter sur scène. On retourne dans les coulisses, le médecin m'examine de nouveau. Il me donne des pilules à prendre maintenant et avant de monter sur scène. Un membre du staff arrive pour dire qu'il y a des fans devant les portes du backstage, elles proposent de passer la soirée avec nous. Je dis que je ne suis pas d'attaque. Ces fans ont gagné un concours, on devra aller les voir tout à l'heure. Saki va les chercher pour les emmener dans une des loges. On se repose encore un peu, on nous sert à boire. Bill s'inquiète beaucoup pour moi, me demande constamment si ça va, si je tiendrai le coup pendant tout le concert. Je reste allongé jusqu'à dix-sept heures trente, heure à laquelle on a "rendez-vous" avec les fans en backstage. On suit Saki, il nous emmène jusqu'à une autre salle en coulisses. On entre. Il y a quatre fans. Je les regarde sans vraiment les voir, on leur serre la main, leur demande si elles vont bien, ... L'une d'entre elles ne me quitte pas des yeux. Elle me demande si je fais quelque chose ce soir. Je lui dis que je ne me sens pas très bien et qu'on devait rouler jusqu'à Linz cette nuit. Elle est déçue, mais ça ne me touche même pas. J'ai pas envie, point. Bill essaye de me rattraper, bafouille qu'on aurait bien aimé mais que notre emploi du temps est trop chargé. Puis il me lance un regard noir. Après, c'est vrai que j'ai été un peu dur, j'ai tout de même quelques remords. Bon, tant pis, elles comprendront peut-être. On leur dédicace leurs posters, CD, puis on repart aussi vite que nous sommes arrivés. Gustav va s'isoler, je vais m'allonger. Bill et Georg sont dans la même pièce que moi, ils parlent de demain. Le dernier concert. Pour une fois, j'ai hâte que ça se termine. J'espère juste que je ne serai pas dans cet état là demain.


____ Il est l'heure. On se prépare, on réajuste nos oreillettes. Bill est plus stressé que d'habitude. Avant que je ne monte sur scène, il me prend par l'épaule et me souhaite bonne chance. J'esquisse un sourire et suis Georg et Gustav. Dès les premières notes et les hurlements des fans, je retrouve de la force. J'oublie que je vais mal, je joue. Comme d'habitude. Les fans sont déchaînés, ils ont l'air tellement heureux que je ne peux pas me permettre de faire la gueule ou de ne pas me montrer en pleine forme. Je m'approche du bord de la scène. Au premier rang, il y a une fille qui ne crie pas, qui ne pleure pas et qui n'a pas mon nom ou celui de mon frère écrit au marqueur sur les joues. Elle me fixe en souriant. Je lui sourie aussi. Je crois que son sourire est la plus belle des choses ce soir, dans cette salle. Je lui rends son sourire et balaye la salle du regard, puis repose mes yeux sur ma guitare. Je sens des centaines de regards posés sur moi, mais quand je lève les yeux je ne vois qu'Elle, au premier rang. La fille qui sourit. Elle est blonde, grande, elle porte un débardeur noir et est accoudée sur la barrière. D'après son attitude, je devine que ce n'est pas son premier concert. Mais c'est la première fois que je la vois, je m'en serais rappellé sinon. Elle me fixe et n'arrête pas de sourire. Du coup, je me sens beaucoup mieux. Bill vient faire un tour de mon côté de la scène, se poste derrière moi et regarde le public. Je suis sûr qu'il l'a vue aussi. J'attendrai la fin du concert pour le lui demander. Les chansons s'enchaînent, arrivent les rappels. En coulisses, le médecin pose sa main sur mon front, me donne un truc dégueulasse à boire, me prend la température. 40 degrés, toujours. Mais je dois remonter sur scène, je le fais volontiers d'ailleurs. Il y a plusieurs belles filles au premier rang, mais aucune n'a ce petit quelque chose, ce sourire qu'Elle a. A la fin de la dernière chanson, elle me fait un petit signe de la main. Je lui réponds en clignant des paupières et en souriant. Puis je fais un signe au public, balaye encore une fois la salle du regard et sors. Un technicien m'enlève ma guitare, un autre me passe une bouteille d'eau et une serviette, puis je file dans les coulisses.
Bill est loin devant moi, je veux l'appeller mais le médecin et David fondent sur moi :

____________ - Ca va, Tom ? Pas trop fatigué, tu as mal quelque part ?
____________ - Non non, ça va. J'essaye de passer pour rattraper Bill.
____________ - Reste là, on va faire quelques examens encore.
____________ - Non, c'est bon. J'vous assure, je vais bien. Je veux juste ...
____________ - Tom, ce n'est pas raisonnable. Attends.

____ Je soupire et les suis dans la loge la plus proche, où le médecin a ses affaires. Il m'ausculte, me prend pour la quarantième fois la température, me demande de tousser et d'ouvrir la bouche en grand. J'ai une petite grippe. J'hoche la tête, demande si je pourrais jouer demain. Normalement. Normalement ? Y a intérêt ouais. Puis ils me relâchent, David me tape amicalement l'épaule et je vais retrouver les mecs dans la loge. Bill me regarde d'un air interrogateur. Je lui dis que je n'ai rien de grave. Il est soulagé. Puis je m'asseois entre Georg et lui sur le canapé, Gustav s'étirant en face de nous. Je repense à cette fille, dans la fosse. Je demande en blaguant à Georg s'il a trouvé la femme de sa vie dans la fosse. Il rigole puis dit que non, mais qu'il y avait de jolies filles. Il ne parle pas d'une en particulier. Je regarde Bill, pour voir s'il a quelque chose à ajouter. Il ne fait que hocher la tête. Je décide de lancer le sujet :

____________ - Il y avait une fille, au premier rang devant moi ...
____________ - La blonde là ? Ouiii je l'ai vue !
s'exclame Bill.
____________ - Blonde, grande. Elle criait pas et souriait tout le temps.
____________ - Oui c'est elle. Je la voyais quand je venais de ton côté, c'était bizarre. La seule qui ne devait pas hurler dans toute la ____ ____ salle. Oui, elle était vraiment jolie. J'étais sûr que tu l'avais remarquée.


____ Evidemment, mon frère l'avait vue aussi. Saki arrive. Je veux lui demander de faire un tour pour voir s'il ne la retrouvait pas, mais il annonce qu'on va rentrer directement à l'hôtel, qu'on ne signera pas d'autographes et qu'on partira à Linz dans la foulée, après avoir récupéré toutes nos valises. Je suis un peu déçu. Bill essaye de me faire rire, racontant que la fille allait peut-être venir à Linz demain. Tu parles ouais. J'espère qu'elle sera quand même devant l'hôtel, rien pour que Saki puisse récupérer son numéro de téléphone. On rassemble nos affaires qui traînent dans les loges, puis on monte dans le van. Lorsqu'on arrive devant l'hôtel, il y a une trentaine de fans. Je dis à Saki de s'excuser pour nous de pas signer d'autographes, tout en essayant de répérer la fille dans la foule. Elle n'est pas là. On passe par la porte arrière de l'hôtel. Dans les chambres, nos valises sont déjà prêtes. Les membres de la sécurité nous aident à les descendre dans le deuxième van. On monte dans le premier et on part directement pour Linz. C'est à environ deux heures de route, on sera là-bas vers minuit. Je m'endors un peu sur le chemin pendant que les trois autres parlent du concert. Je suis pas d'humeur. On arrive devant l'hôtel de Linz à minuit et quart. On a bien roulé. Il n'y a que deux fans qui attendent sur le trottoir en face de l'hôtel. On décide d'aller leur signer des autographes, ça devrait pas prendre trop de temps. Elles nous remercient puis repartent. On entre dans l'hôtel, des gens nous attendent à l'intérieur pour nous accueillir, abusant de courbettes et de politesses. Lèche-bottes. Il nous donnent les clés de nos chambres, on monte.


____ On s'installe rapidement. On a de nouveau des chambres doubles, c'est pas le grand luxe. La salle de bains est bien spacieuse par contre, classe. J'enlève ma casquette et la pose sur le rebord du lavabo. Saki vient faire le tour des chambres vers une heure du matin, pour voir si tout va bien. Il s'attarde chez moi, me demande de bien me reposer. J'aquiesce. Quand il repart, j'entends du bruit dans le couloir. Imaginant que c'est Georg ou Gustav (qui cela pourrait être d'autre à une heure pareille ?), j'ouvre la porte de ma chambre. Là, je reste bouche bée. Je me retrouve nez-à-nez avec Elle. La fille du concert.


Muschuu.

# Posté le mercredi 19 mars 2008 10:26

Modifié le dimanche 20 juillet 2008 11:22

#4Hallo, du stehst in meiner Tür ....








____ Il me faut une fraction de secondes pour réaliser. A elle aussi. Elle me fixe, immobile, bouche bée, puis souris le plus naturellement du monde :

____________ - Salut !
____________ - Salut ...


____ Elle a presque l'air moins intimidée que moi, mais elle a un blanc, elle aussi. Elle me regarde en souriant, hésite. Je pense que c'est à moi de continuer. Des milliers de questions se bousculent dans ma tête. Que fait-elle à Linz ? Comment a-t-elle su qu'on dormait ici ? Est-ce qu'elle viendra au concert demain ?

____________ - Je crois t'avoir vue, au concert, ce soir, non ? (Hum quelle question --')
____________ - A Vienne ? Oui, c'était moi.
____________ - Ca t'a plu ? Le concert, j'veux dire ...
____________ - Oh oui, il était génial !
____________ - C'était ton premier ?
____________ - Non non, je vous avais déjà vus. Et je vais vous voir demain aussi.


____ Je souris. Elle est vraiment jolie. Elle a l'air un peu fatiguée, mais son sourire illumine tout le couloir. Elle me fixe sans ciller, ses yeux pétillants de bonheur. Je me sens un peu con là, sans casquette, le teint blafard à cause de ma fiêvre qui stagne à 40. Je mets un certain temps à réaliser. Cette fille, la Seule que j'ai repérée ce soir, cette fille est là, devant moi, alors que je ne m'y attendais pas du tout. Décidément, il y a quand même une bonne étoile qui veille sur moi.

____________ - Tu t'appelles comment ?
____________ - Laurie. Je crois que toi c'est Tom.
____________ - Exact
(sourire). Je t'aurais bien proposé de venir dans ma chambre pour qu'on puisse discuter, mais il y a Bill et ...
____________ - Oui, je vois. C'est pas grave. Ca me fait vraiment plaisir de t'avoir vu.
(pause) Mais...t'as qu'à venir dans ma chambre !
____________ - Tu es toute seule ?
____________ - Oh, il y a ma cousine avec moi, mais elle est partie en boîte. Elle ne fait que m'accompagner
____________ -d'un concert à l'autre !
(rire)
____________ - Bon ben alors je peux pas dire non. Attends, je vais prévenir Bill.


____ Elle m'indique sa chambre, au bout du couloir. Je rentre dans la mienne, Bill me demande avec qui j'ai parlé. J'hésite à lui dire, mais en voyant ma tête il devine qu'il s'agit d'une fille. Essayant de me dissuader d'aller la rejoindre, parce que je suis malade, il finit par me laisser y aller, en me conseillant de ne pas coucher avec elle si je pense qu'il "peut y avoir plus". Je médite son conseil quelques instants, puis je lui promets de tout lui raconter quand je reviendrai. Je file dans la salle de bains remettre un peu de déo et ma casquette, histoire d'être un minimum présentable.
____ Je toque à la porte après une seconde d'hésitation. Lorsqu'elle m'ouvre, son plus beau sourire aux lèvres, je ne peux m'empêcher de sourire et de rougir légèrement. Elle me fait entrer. Ses valises sont au pied du lit, elle ne les a pas encore défaites. La télévision tourne, il y a un film d'horreur. Elle éteint et s'asseoit sur un des deux lits. Je m'asseois à côté d'elle.

____________ - Tu viens d'où ?
____________ - Je suis Française. J'habite en Alsace.
____________ - Quoi ?
Je me redresse et la regarde avec de grands yeux Française ?
____________ - Qu'est-ce qu'il y a ?
____________ - Tu es française ? Vraiment ?
____________ - Ben oui. Mes grands-parents sont allemands, alors je me débrouille pas mal mais...
____________ - Tu te débrouilles très bien. Je n'aurais jamais deviné que tu étais Française !


____ Elle rougit et sourit de bonheur puis détourne le regard et fixe le sol. Elle murmure un vague "Merci". Ses longs cheveux blonds lui arrivent presque à la moitié du dos. Elle a de magnifique yeux bleus, qui pétillent, cernés de crayon et d'eye-liner noir. Ses cils paraissent interminables sous le mascara. Mais elle est naturelle. Dès le premier regard, on devine qu'elle ne fait pas partie de ces filles superficielles qui ne pensent qu'à elles. Son regard croise le mien, à nouveau. Elle me demande si je ne suis pas trop fatigué, je lui explique que je suis malade...Mauvaise idée peut-être. Elle pourrait me mettre à la porte pour pas être contaminée. Mais elle a l'air de s'inquiéter, pose sa main sur mon front, comme l'aurait fait ma mère. Elle examine le moindre millimètre de mon visage, fixe mes yeux puis mon torse se soulever au rythme régulier de mon coeur.

____________ - T'es pas raisonnable. Tu devrais te coucher et te reposer pour demain.
____________ - Je suis mieux ici.


____ Elle fronce les sourcils puis soupire. Je rigole, lui demandant si elle préfère que je parte. Me lançant un regard plein de reproches, elle répond par la négative et sourit à nouveau. Je lui demande de me parler d'elle. Elle s'appelle Laurie, elle a quinze ans et demi (soit deux ans de moins que moi) et habite près de Strasbourg avec ses parents et sa petite soeur. Elle est fan de Tokio Hotel depuis été 2005, et ne connaît qu'une dizaine ou une quinzaine d'autres fans français. En ce moment, elle est en vacances, et elle en a profité pour obtenir de ses parents le droit d'aller à deux concerts, les deux derniers. Sa cousine, de six ans de plus qu'elle, a accepté de l'accompagner, histoire de voyager un peu. Elle a appris le nom de l'hôtel dans lequel on dormait il y a quelques mois par le biais d'une amie allemande, elle a décidé de réserver au même (ce n'était donc pas vraiment une coïncidence, mais bon). Je l'écoute parler, envoûté. Décidément, cette fille n'est pas comme les autres. A un moment, elle en vient à me parler de mes dreadlocks, je ne sais plus exactement pourquoi. Elle prend délicatement une de mes...tentacules en main, l'examinant sous toutes ses coutures. Elle s'approche un peu, observe mes racines, concluant qu'elle aime mes cheveux. Elle me demande si mon piercing m'a fait mal. Je lui réponds que ça va, mais au fond je sais que les premiers jours, ça n'allait pas du tout. Elle l'a deviné, elle rigole : "Ouais, c'est ça". Puis elle me demande de lui parler de moi. Bon sang, qu'est-ce que je peux bien lui raconter ? Bizarrement, cela fut plus facile que ce que je pensais. Je lui parle brièvement de mon enfance, de mes premiers pas sur scène, de la célébrité, des autres fans, de Bill, de Gustav et Georg ... Elle absorbe toutes mes paroles, ponctuant des fois ce que je raconte par un petit rire ou un hochement de tête. Quand j'ai fini, on se fixe un moment en souriant.

____________ - Mon Dieu je peux pas le croire ...
____________ - Quoi ?
____________ - Je suis assise à côté de Tom Kaulitz dans une chambre d'hôtel, il vient de me déballer sa vie
_____________- sous ses moindres détails et j'ai fait pareil. Tu trouves pas ça louche toi ?
____________ - Si. D'habitude je parle jamais comme ça avec des fans.


____ Ca la fait rire. Ses yeux brillent de mille étincelles. Alors on commence à parler musique. Elle a commencé la guitare l'année dernière, toute seule. Je lui propose de lui donner quelques petits trucs. Elle m'écoute avec attention. Mais sans guitare, c'est pas évident. Je n'en ai pas dans ma chambre, elle n'a pas emmené la sienne non plus. Alors elle me donne une feuille et je lui retranscris de tête les tablatures de Leb' die Sekunde et Durch den Monsun. Je me poste à genoux sur le lit, derrière elle, attrape ses bras et fais bouger ses doigts comme sur un manche de guitare. Elle pouffe sans arrêt, des fois je sens ses doigts trembler sous les miens. Ca me fait rire aussi. Elle me fait remarquer qu'on a vraiment l'air ridicules. Mais je n'en ai rien à faire, je suis bien avec elle.



Muschuu.
#4Hallo, du stehst in meiner Tür  ....

# Posté le mercredi 26 mars 2008 16:23

Modifié le dimanche 20 juillet 2008 11:25

#5Ich will da nicht allein sein ....








____ Il est trois heures et demi du matin. Je suis toujours dans sa chambre, avec elle. On a pas arrêté de parler. Je n'ai pas vu le temps passer. Ce n'est que quand elle a commencé à baîller que je me suis dit qu'il était temps d'y aller. Mais je ne veux pas partir, et elle ne veut pas que je parte. Je me demande si Bill m'attend. Laurie est allongée sur le lit, à côté de moi. On continue de parler. Je m'allonge à côté d'elle. Elle est fatiguée, elle ferme les yeux. Je m'approche un peu. Pourquoi ne pas l'embrasser, ce serait le bon moment...
____ Alors que j'approche mes lèvres des siennes, je m'arrête en plein élan. Je viens de me rappeller de ce que m'a dit Bill, il y a quelques instants de cela. De ne pas coucher avec elle si je pense qu'il peut y avoir plus. A vrai dire, je n'ai d'abord pas vraiment compris ce qu'il a voulu me dire apr là. Mais maintenant, j'ai compris. Je ne suis plus qu'à deux ou trois centimètres de son visage, et je me fige, me contentant de l'observer. Elle rouvre les yeux et me sourit. Je souris aussi. Elle fixe mes lèvres et se rapproche un petit peu. Le rythme de mon coeur s'accélère, je ne sais vraiment pas quoi faire. L'embrasser, ne pas l'embrasser ? Je ravale ma salive et me redresse sur le lit. Mon Dieu, j'ai la tête qui tourne. Elle se redresse aussi, s'asseoit à côté de moi sur le bord du lit.

____________ - Je vais y aller.
____________ - On se reverra ?
____________ - Je sais pas ...


____ Son sourire ne s'efface pas. Elle me dévore des yeux. Je crois que moi aussi d'ailleurs. Je ne sais pas si c'est la dernière fois qu'on se voit. J'aimerais vraiment la revoir, mais je sais que tout le monde autour de moi s'y opposera. "Pas de relations intimes avec les fans". Fais chier. Je ne peux pas lui donner mon numéro, c'est interdit ça aussi, depuis trois ou quatre mois...Mais rien ne m'empêche de prendre le sien, ou bien ? Je lui demande, elle prend mon portable et rentre son numéro dans mon répertoire. Puis on reste quelques instants sans rien dire, à se dévisager mutuellement. Puis je soupire. Je dois vraiment y aller maintenant. Mais je n'ai pas du tout envie d'y aller, elle me manque déjà. Il faut se faire une raison, pourtant. Je me lève, elle aussi. On se retrouve debout, l'un en face de l'autre. Je vois qu'elle aimerait me demander quelque chose, mais elle n'ose pas. Sa bouche s'ouvre, se referme. Elle hésite quelques secondes avant d'inspirer un grand coup et de me sauter dans les bras. Je suis un peu surpris, mais je l'enlace aussi, passant mes bras autour de sa taille. Elle resserre son étreinte autour de mon cou, son visage enfoui entre ma nuque et mes dreadlocks. Je sens son coeur battre vite, très vite. Je la serre un peu plus fort, pour la rassurer. Lorsque je la relâche, je vois qu'elle essuie une larme du revers de sa manche. Je souris, attendri, et pose ma main sur son épaule. Elle hoquette, étouffant un rire, et lève ses yeux brillants vers moi :

____________ - Merci ...

____ Oh mon Dieu. Elle est tellement mignonne, tellement attachante, gentille...J'en ai presque les larmes aux yeux moi aussi. Je pose ma main derrière sa tête, sous ses cheveux blonds, et l'attire vers moi pour l'embrasser sur le front. Elle ferme les yeux et sourit, encore. Je n'ai vraiment pas envie de partir. Pourtant, il le faut. Sa cousine va rentrer d'une minute à l'autre, Bill m'attend sans doute encore et j'ai un concert demain. Elle me raccompagne jusqu'à la porte. Je l'embrasse encore rapidement sur la joue avant de lui souhaiter bonne nuit.

____________ - On se voit demain ?
____________ - Evidemment. J'essayerai d'avoir le premier rang de nouveau !


____ Elle rigole, moi aussi. J'espère qu'elle l'aura, ce premier rang. Que je la verrai de nouveau sourire, me regarder, contre cette barrière, au milieu de fans déchaînés. Je la fixe un instant encore, cligne des yeux, sourie et m'éloigne dans le couloir. Ma chambre est à trois ou quatre mètres de la sienne. Elle me regarde avancer, appuyée contre le cadre de la porte de sa chambre. Elle sourit encore et toujours. J'ouvre la porte de ma chambre, jette un dernier regard à Laurie avant d'entrer.
____ Il fait noir. Je pense que Bill dort depuis un moment. Il n'a pas eu envie de m'attendre, sans doute. Je reste debout un moment, contre la porte fermée. Je ne réalise pas que je n'ai pas embrassé cette fille. Que je n'ai pas couché avec. Qu'il ne se soit rien passé, en fait. Mais j'ai bien aimé cette soirée. Plus que les autres. Laurie aussi, je l'ai plus aimée que les autres filles, tout simplement parce qu'elle est plus simple, plus naturelle et beaucoup plus attachante que toutes les autres. C'est dans ces moments là que je regrette presque d'être célèbre. C'est impossible d'avoir une quelconque vie privée, je ne peux pas me permettre de sortir avec quelqu'un en ce moment. Et c'est vraiment dommage, parce que des filles comme Laurie, on ne rencontre pas ça tous les jours ...
____ La lumière s'allume soudainement. Bill apparaît devant moi. Je sursaute, mort de trouille. J'essaye de reprendre mes esprits pendant que mon frère rigole, me taquinant. Puis il reprend un air sérieux, grave, et s'approche de moi. Il me dit que je suis resté trop longtemps et pose sa main sur son front. Il écarquille les yeux, sur le choc :

____________ - Tu ... tu n'as plus de fiêvre !
____________ - C'est vrai ?
____________ - Ben oui. Oh mon Dieu. Qu'est-ce que t'as fait tout ce temps ?


____ Rien, juste parlé. Il ne me croit pas. Il pose sa main à trois reprises sur son front, ne croyant pas ce qu'il vient de remarquer. Il me fait rire, Bill. Il a les yeux exorbités, la bouche grande ouverte. Une tête d'arriviste, quoi. Moi, je rigole. Bêtement, j'avoue. C'est peut-être un peu pour ça que Bill ne croit pas mon front qui lui dit que je ne suis plus malade. Il ne discute pas plus longtemps. On va se coucher. Je n'arrive pas à m'endormir, je me repasse sans cesse le film de la soirée. J'ai hâte de revoir Laurie, vraiment hâte.



Muschuu.
#5Ich will da nicht allein sein ....

# Posté le dimanche 30 mars 2008 16:17

Modifié le samedi 12 avril 2008 17:42